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Texas Bar, l’expédition arctique la plus engagée de 66°Nord

Parmi les voyages d’aventure en kayak figurants au catalogue de 66°Nord, se trouve un séjour de trois semaines d’itinérance au nord du Spitzberg. À ce jour, c’est le circuit le plus engagé proposé. Il permet à ceux qui sont capables de laisser tomber repères et habitudes, de vivre une aventure arctique intense. Une navigation au Svalbard, entre Smeerenburgfjorden et Liefdefjorden, plus communément appelée « Texas Bar ».

Un article rédigé par Yannick Long, guide 66°Nord, spécialiste du Svalbard et qui a encadré le séjour cet été.

Kayak au svalbard, texas bar ©Yannick Long

Kayak au pied du Glacier de Monaco (Monacobreen), Svalbard. Séjour Texas Bar. ©Yannick Long

“Texas Bar” est le séjour le plus au nord du Svalbard que nous proposons et par conséquent, le plus septentrional de tous nos séjours 66°Nord. 

Que voit-on en allant à « Texas Bar » ?

Flirter avec 80° de latitude nord, c’est un peu aller frapper à la porte d’une nature rustique et préservée. C’est aussi l’assurance de vivre pleinement une aventure arctique, et d’en savourer tous les ingrédients. En ce qui concerne la faune, il n’existe aucune garantie de faire telle ou telle observation, c’est une règle. Pagayer ou marcher au pays des morses, des bélugas et des renards polaires ne veut pas dire qu’ils se montreront. Néanmoins, faire cap au nord augmente vos chances de croiser la route de ces ambassadeurs de l’Arctique, y compris celle du maître des lieux, l’ours polaire.

Notre groupe sur ce séjour a pu observer des morses, des phoques, des renards et naviguer avec trois bélugas près d’un glacier. Nous avons également reçu la visite de six ours différents. Trois d’entre eux étaient une mère et ses deux oursons de moins d’un an. Ils ont suivi le groupe pendant trois jours !


Ours polaires observés cet été lors du séjour Texas Bar au Svalbard ©Yannick Long.

Morses du Svalbard observés lors du séjour Texas Bar ©Juliette Aumonier

Morses du Svalbard observés lors du séjour Texas Bar ©Juliette Aumonier

Si l’itinérance en kayak au Svalbard permet de belles observations naturalistes, elle permet avant tout une totale immersion dans le milieu. Vivre l’expérience arctique, ce n’est pas toiser un ours polaire depuis le pont d’un bateau. Cette immersion, elle, est garantie. Le kayak et les tentes sont les seuls à offrir ce niveau de contact avec la nature. Les glaciers qui vêlent proches du campement se chargent de l’ambiance sonore avec leurs grondements sourds. Ils plantent un décors incroyable en mêlant leur glace à la roche alentour. Les dizaines d’espèces d’oiseaux marins chantent, piaillent, pêchent ou chassent sous nos yeux, 24h sur 24. Renards et rennes viennent parfois nous rendre une visite de courtoisie.

Renard polaire au Svalbard ©Yannick Long

Renard polaire au Svalbard ©Yannick Long

Que vit-on sur un tel séjour ?

La particularité de Texas Bar, c’est sa durée et son isolement. Près de trois semaines au nord de l’île du Spitzberg. L’engagement et l’isolement ne sont pas de vains mots. Si l’on croise régulièrement des bateaux de croisière, ils ne sont pas là pour nous assister, et nous ne devons notre progression, notre confort (spartiate) et notre sécurité qu’à nous-mêmes. La cohésion au sein du groupe est primordiale pour le bon déroulement de l’aventure. Il est sans doute l’un des aspects les plus intéressants du voyage. Chaque nuit, pendant nos tours de garde à l’ours, la sécurité de tous est placée entre les mains d’un(e) seul(e).

On y fait également l’expérience d’une autre temporalité. En effet, le jour permanent permet de s’affranchir du rythme circadien, et de toutes formes d’horaires à respecter. On apprend à ne plus se considérer au-dessus de la nature, elle seule décide, et elle vous le fait savoir. Il faut s’adapter quotidiennement, apprendre à se rendre disponible pour la nature… Ré-apprendre l’attente, cette chose si simple. Attendre que le vent tombe, que la pluie cesse, que le brouillard se dissipe… C’est à ce prix que le Svalbard se livre. L’Arctique a ses exigences mais sait récompenser ceux qui s’y plient !

Kayaks près du glacier de Monaco, Spitzberg ©Yannick Long.

Kayaks près du glacier de Monaco, Spitzberg ©Yannick Long.

À qui s’adresse ce voyage ?

Si le but de 66°Nord est d’ouvrir les portes de l’Arctique à tous, un séjour de trois semaines en autonomie présente de nombreuses similitudes avec une expédition.
S’il n’est pas nécessaire de vous inscrire à une salle de sport deux ans avant le départ (et d’y aller !), de trouver un préparateur mental, ou d’être équipé intégralement de matériel technique dernier cri et hors de prix, quelques conditions devront-être respectées pour que tout se passe bien une fois sur place :

Savoir vivre en groupe

Tous les séjours en autonomie proposés par 66°Nord sont participatifs. C’est-à-dire que votre aide est nécessaire pour monter et démonter le camp, préparer les repas, prendre soin du matériel (guide compris !) et assurer une bonne ambiance au sein du groupe. Au Svalbard, l’ours peut faire une apparition à tout moment, et il est donc indispensable de rester groupé et proche du guide. Si le besoin d’être seul se fait sentir, patientez jusqu’à votre prochain tour de garde !

Voyageurs au Spitzberg, arctique ©Yannick Long

Le groupe admire le paysage. ©Yannick Long

Assurez-vous d’être en bonne forme !

Cela peut paraître évident, mais il reste impératif d’être en mesure de pagayer ou de marcher plusieurs heures, sans que cela tourne à la torture. Si vous pratiquez une activité physique régulière, êtes habitués à la randonnée et aux nuits sous tentes, vous vous sentirez sans doute comme chez vous ! Si ce n’est pas le cas, il vous reste la qualité essentielle pour apprécier le voyage : la rusticité.

Revenir entier et heureux de « Texas Bar » ne relève pas de l’exploit sportif, c’est par contre la preuve que vous êtes rustique ! Dormir trois semaines sur un matelas gonflable, monter le camp ou la garde, même sous la pluie, pagayer face au vent… Autant d’évènements inconfortables qui se produiront sans l’ombre d’un doute. Si vous savez y faire face avec philosophie, humour et patience, vous avez votre place à bord d’un des kayaks qui prendra le départ de l’édition 2019 !

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