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Quelle est la différence entre le canoë et le kayak ?

En France, on parle souvent de « canoë-kayak », une expression qui porte à confusion, donnant l’impression que ces deux esquifs sont une seule et même embarcation. Pourtant le canoë et le kayak sont deux moyens de déplacement bien distincts qui ont chacun leur histoire, leur technique et leur maniement. Petit point sur ces deux embarcations phares de nos voyages dans le Grand Nord l’été : similitudes et différences.

Voyage kayak en Arctique au Spitzberg

Au pied du glacier de Monaco au Spitzberg ©Sébastien Roche

Le canoë d’expédition est le moyen de déplacement ancestral des Autochtones d’Amérique du Nord, à tel point qu’on le nomme parfois « canoë canadien ». Les Québecois l’appellent quant à eux « canot ». Elégant, rapide et souple, c’est une embarcation qui permet de visiter le Canada avec un autre regard, depuis la rivière, à la manière des Premières nations d’autrefois.

Le kayak quant à lui, est une embarcation vieille de plus de 4 000 ans qui a constitué un véritable mode de vie pour les Inuits et qui leur a permis de vivre dans un milieu difficile pendant des milliers d’années. Rapide, silencieux, maniable et pratique, il permet de louvoyer facilement parmi les icebergs, et de partir à la rencontre des glaciers durant nos voyages dans l’Arctique, au Groenland ou au Svalbard. 

Canoë et kayak, différences

Petit tableau comparatif de chacun.

Le canoë Le kayak

Journée de formation canoe sur la rivière Mattawin © 66°Nord

© 66°Nord

Yannick Long en kayak de mer au Spitzberg ©Guilhem, voyageur 66°Nord

©Guilhem, voyageur 66°Nord

Le canoë est une embarcation ouverte. Le kayak est une embarcation fermée.
Le céiste (mot désignant une personne qui pratique le canoë) est assis sur les genoux. Le kayakiste est assis sur les fesses, dans un hiloire souvent recouvert par une jupe pour empêcher l’eau de rentrer dans l’embarcation.
Le canoë se dirige à l’aide d’une pagaie simple. Une seule pale donc, avec, au bout, une poignée que l’on nomme « olive ». La pagaie simple incite à choisir le côté où l’on se sent le plus à l’aise pour pagayer. On est alors « bordé à droite » ou « bordé à gauche ». Notre côté choisi, on limite autant que possible les changements. Toutefois, il peut arriver de faire ce que l’on appelle un « appel débordé », on change alors de côté exceptionnellement pour mieux orienter la direction du canoë.

Le geste est gracieux, le mouvement part de la taille et n’implique pas seulement un travail des bras.

Le kayak se dirige à l’aide d’une pagaie double, plus longue donc, avec double pales, une de chaque côté. Tout le haut du corps est sollicité pour pagayer, on alterne donc entre droite et gauche. Le mouvement part lui aussi de la taille, sollicitant également un travail des obliques et du dos.
Le canoë a été créé par les Premières Nations d’Amérique du Nord. Le kayak a été inventé par les peuples inuits des régions arctiques. En groenlandais on écrit « qajaq ».
Le canoë est pratiqué en rivière, sur les lacs et plus rarement en mer. Le kayak est pratiqué non seulement en rivière, mais également sur la mer. On parle alors de « kayak de mer ».

Canoës et kayaks, similitudes

Silencieux et respectueux de l’environnement

A moins que vous ne chantiez à tue-tête tout en pagayant, le canoë et le kayak permettent tous les deux de se déplacer discrètement dans la nature. Filan sur l’eau silencieusement, vous pouvez ainsi croiser le chemin d’animaux marins comme les phoques, les morses, les bélugas et même les baleines. Ces derniers, souvent curieux, s’approchent parfois de nous, avant de disparaître promptement.

Le long des rivières canadiennes, vous pourrez également croiser en chemin des orignaux traversant la rivière, des castors construisant leur hutte, des pygargues à tête blanche vous surveillant du coin de l’oeil ou encore des caribous sur les berges.

Beluga curieux qui nage près de nos kayaks, Svalbard, voyage "Texas Bar" ©Yannick Long, guide 66°Nord

Beluga curieux qui nage près de nos kayaks, Svalbard, voyage « Texas Bar » ©Yannick Long, guide 66°Nord

Pratiques pour un voyage itinérant en autonomie

Si les kayaks paraissent parfois très fins, vous serez surpris de leur capacité de chargement. Certes, vous devrez faire appel à votre entraînement à tétris pour optimiser l’espace utilisé dans les hiloires, mais en kayak de mer, vous pourrez embarquer tout le nécessaire pour plusieurs semaines d’expédition.

On plie le camp et on met tout dans les kayaks ! ©Aurélia Galibert, voyageuse 66°Nord

On plie le camp et on met tout dans les kayaks ! ©Aurélia Galibert, voyageuse 66°Nord

En canoë, le rangement sera moins casse-tête. Il s’agit de sélectionner méthodiquement ce que vous embarquez pour que tout tienne dans votre baril étanche qui sera ensuite sanglé dans votre canoë. Et c’est parti pour des semaines d’expédition, loin du monde civilisé et de toute trace humaine.

Canoë canadien sur la rivière au canada

Canoë chargés, l’expédition commence ©Caroline de Fréminville

Pour le kayak comme pour le canoë, pas de cassage de dos à tout porter sur les épaules dans des sacs, tout est entreposé dans les embarcations. Alors, à vos pagaies ! Sur la rivière, le courant est votre allié et vous déchargera d’une bonne partie du poids des affaires.

L’accès à des lieux accessibles uniquement par voies maritimes

Que vous soyez en canoë canadien ou en kayak de randonnée, sur la rivière ou la mer, vous aurez la liberté d’accoster sur les petites plages ou lieux tranquilles qui s’offrent à vous, et d’aller explorer les alentours. Souvent loin des chemins de randonnée, vous aurez souvent la sensation d’être seul au monde, explorateurs des temps modernes.

Kayak de mer 66°Nord sur une plage de la côte Ouest du Groenland ©Florian Grally, conseiller spécialiste Altai

Kayak de mer 66°Nord sur une plage de la côte Ouest du Groenland ©Florian Grally, conseiller spécialiste Altai

Canoë canadien au Québec

Pause sur la berge ©Caroline de Fréminville

Le kayak de mer en Arctique est également l’un des seuls moyens d’approcher icebergs et glaciers (tout en conservant une distance de sécurité) et de côtoyer la faune marine. 

En kayak de mer parmi les icebergs et les glacçons au Spitzberg, voyage "Les cinq glaciers" ©Yannick Long, guide 66°Nord

En kayak de mer parmi les icebergs et les glacçons au Spitzberg, voyage « Les cinq glaciers » ©Yannick Long, guide 66°Nord

Complémentaire à la randonnée pédestre

Enfin, point commun des deux esquifs : ils sollicitent le haut du corps principalement. Ainsi, si vous en avez plein les pattes de votre randonnée de la veille, ces deux activités nautiques sont parfaites pour laisser reposer les jambes et actionner bras et buste ! C’est partie pour une journée au fil de l’eau, assis.

Canoe sur eaux calmes

Canoë au Québec sur eaux calmes ©Caroline de Fréminville

Accessibles à tous

Pour pratiquer le canoë en rivière comme le kayak de mer, pas besoin d’être déjà initié. Nos guides spécialistes vous prodigueront de nombreux conseils pour prendre en main votre embarcation et le manier sans vous épuiser.

Pas de bras pas de chocolat ? Pas de panique, il ne s’agit pas là d’une course ni d’une compétition, pas besoin d’avoir les biceps de Schwarzenegger pour participer à nos voyages kayak ou canoë. Chacun va à son rythme et nous faisons des pauses régulières même sur l’eau pour se reposer et contempler le paysage. A deux par embarcation, vous n’êtes pas seul(e) pour pagayer.

Voyage en kayak de mer dans l'Arctique au Spitzberg

Dans la Baie du Roi au Svalbard ©Yannick Long

Le kayak : sit in et sit on top

Il existe de nombreux termes pour désigner le kayak : kayak de mer, kayak de randonnée, kayak d’expédition, kayak de rivière, sit in, sit on top. Si pour les premiers, l’utilisation est plutôt claire, ces deux dernières expressions anglaises méritent une petite explication. 

Le sit in, est littéralement, le kayak à l’intérieur duquel (in) on s’assoit (sit). Il s’agit d’un kayak ponté avec un hiloire, dans lequel on pénètre pour s’assoir et sur lequel on ajuste la « jupe » pour ne pas laisser l’eau entrer. 

Le sit on top, est quant à lui le kayak sur lequel on s’assoit. Il est ouvert. Pas d’hiloire ni de jupe. Plus pratique, il est souvent le plus loué par les vacanciers sur les lacs.

kayaks sit on top

kayaks sit on top ©Megan Lord

Que vous soyez déjà kayakiste ou céiste, ou débutant souhaitant tester l’activité et vivre un voyage insolite, découvrez nos voyages en canoë et nos voyages en kayak de mer dans le Grand Nord.